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6 - Transport des paquets IP


Couche TRANSPORT Protocole : TCP (et +) Adresse : PORT Message : SEGMENT Couche Application Firefox Couche Application Serveur HTTP Communication prog A Comm. prog B A B Rq TCP Rp1 TCP Rp2 TCP vide TCP ? A TCP B TCP data SRC 2050 DST 443 Seq data SRC 24945 DST 443 Seq data SRC DST CS data Seq Anum F vide Seq Anum F SRC 2050 DST 443 F ACK Anum 0 Seq 1 CS XXXXX

Nous avons vu en détails comment le client et le serveur parvenaient à discuter lors des activités précédentes.

Nous avons vu qu'il fallait fournir une adresse IP au lorsqu'on crée un serveur HTTP. Nous allons voir aujourd'hui ce qu'est l'adresse IP, à quoi elle sert et comment on parvient à faire transiter l'information entre le client et le serveur.

Evaluation ✎ : questions 4-7-10-13-15-16.

Documents de cours :

1 - Qu'est-ce qu'un paquet IP

Commençons par un rappel global.

Couche TRANSPORT Protocole : TCP (et +) Adresse : PORT Message : SEGMENT DATA d'un programme SEGMENT TCP Port SRC 443 Port DST 2050 Seq 4 Suiv 2 Flags : ACK CS : 15241 PAQUET IP IP DST 25.25.25.5 IP SRC 45.45.45.2 TTL 50 TRAME (Ethernet ou Wifi) SEQUENCE INTIALE MAC DST MAC SRC CheckSum selon le type de trame Couche RESEAU Protocole : IP (et +) Adresse : IP Message : PAQUET Couche LIAISON Protocole : WLAN ... Adresse : MAC Message : TRAME Couche Application Firefox (client) Protocole : HTTP Couche Application Serveur HTTP Protocole : HTTP Rep http Requete Rep TCP IP Req TCP IP Data TCP IP IP DST IP SRC TTL / HL

Couche APPLICATION : nous avons vu que le navigateur était un client http respectant le protocole HTTP (Hyper Text Transfert Protocol) pour discuter avec un serveur http : le client envoie une requête http (GET ou POST par exemple) qui provoque l'envoi d'une réponse http par le serveur.

La première réponse http du serveur contient le code de la page à afficher sous forme d'un code en langage HTML.

Couche TRANSPORT : nous avons vu comment le protocole TCP (Transmission Control Protocol) parvenait à découper la communication http (requête ou réponse) en plusieurs messages de façon à encapsuler le message dans un segment TCP (ici en version mini et détaillée).

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Le segment TCP est donc le nom de l'unité d'information de cette couche. Comme on le voit ci-dessus, il est constitué :

  • D'un en-tête TCP (en vert-jaune) comportant notamment les PORTS de l'émetteur et du destinataire, un identifiant pour pouvoir numéroter le paquet qu'on envoie (ici, c'est le paquet 4), un drapeau d'acquittement avec Suiv à 2 pour indiquer qu'on veut bien recevoir dans l'autre sens le paquet 2 éventuellement.
  • D'un bout de la communication initiale (en gris), ou la communication intégrale si elle est courte

TCP fait même mieux : il permet à l'ordinateur-émetteur de savoir si l'ordinateur-récepteur a bien reçu le message à l'aide d'un système d'acquittement. D'ailleurs le Check Sum permet au récepteur de ne pas acquitter s'il se rend compte que le segment est corrompu.

Fiabilité de la transmission avec TCP

TCP permet de garantir la fiabilité de la transmission entre deux programmes.

Pour garantir cette fiabilité, le protocole doit réguliérement émettre et réemettre des segments. Il n'y a donc aucune garantie temporelle avec ce protocole. La communication va aboutir mais on ne peut pas imposer de temps minimum de transmission.

Nous allons voir aujourd'hui ce qu'on doit faire de ces segments TCP. Jusqu'à présent, on considérait juste qu'on les faisait transiter entre émetteur et récepteur. Mais comment ?

C'est là qu'intervient la couche RESEAU dans laquelle agit le protocole IP et le fameux paquet IP (version mini et version détaillée).

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Le paquet IP est le nom de l'unité d'information de cette couche. Comme on le voit ci-dessus, il est constitué :

  • D'un en-tête IP (en vert) comportant les adresses IP de l'émetteur et du destinataire
  • Du segment (en vert-jaune) contenu dans le paquet IP

Nous avions vu une animation permettant de voir le principe d'une communication complète. Voici la même animation mais ne montrant que l'évolution progressive des en-têtes :

  • Encapsulation : Message en Segment en Paquet...
  • Transport du paquet
  • Désencapsulation : Paquet en segment en message
  • Vous pouvez cliquer sur la requête initiale Req pour voir le rajout progressif des en-têtes.

On voit donc que lors du transport d'une information, on rajoute constamment des en-têtes lors de l'émission, on transporte le paquet IP et ensuite on enlève les en-têtes une par une.

L'intérêt ? Rendre les couches indépendantes l'une de l'autre. Si on décide par exemple de mettre à jour la couche RESEAU pour passer de IP version 4 à IP version 6, nous n'avons pas besoin de changer le protocole TCP.

01° QCM : Comment se nomme le protocole permettant de rendre fiable la communication entre deux programmes :

  • A : HTML
  • B : UDP
  • C : TCP
  • D : IP

...CORRECTION...

C : TCP

02° QCM : le protocole TCP s'assure :

  • A : D'établir la liaison entre deux cartes réseau d'un ordinateur
  • B : De garantir la fiabilité de la communication entre deux programmes
  • C : De vérifier la conformité du code HTML
  • D : De transmettre l'information de routeur en routeur

...CORRECTION...

B : De garantir la fiabilité de la communication entre deux programmes

2 - Protocole IP

Protocole IP (1/2)

Le protocole IP assure l'acheminement des paquets, au mieux des capacités du réseau (on dira best-effort delivery en anglais) des paquets. Cela veut dire qu'il ne garantit et ne contrôle absolument pas l'arrivée du paquet à destination.

Pour information, IP veut dire Internet Protocol.

Le protocole IP ne se charge pas du contenu des paquets, il ne fait que lire l'en-tête pour savoir à qui le paquet est destiné et l'envoie à l'équipement suivant qui lui semble le plus à même de permettre au paquet d'atteindre son but au final.

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Le protocole IP est un protocole dit non-fiable : il ne s'assure absolument pas de l'intégrité du paquet transmis, de la perte de paquets ni de l'ordre d'arrivée.

On peut voir ce protocole comme un simple distributeur :

  • L'ordinateur reçoit des paquets sur l'une de ses cartes de communication
  • Il regarde l'adresse IP de destination
  • Il envoie le paquet sur l'une des lignes de communication

La fiabilité éventuelle de la communication est déléguée aux protocoles de la couche supérieure si nécessaire (TCP dans la couche TRANSPORT par exemple).

La réalisation pratique du transit d'un appareil précis à un autre appareil précis est déléguée aux protocoles de la couche inférieure (Ethernet ou WLAN de la couche ACCES RESEAU par exemple).

IP ne s'occupe donc que du choix de la prochaine destination.

Voici un exemple de transport de paquet IP de routeur en routeur :

03° Cliquer sur le paquet IP vous voir son déplacement de la machine émettrice à la machine réceptrice.

La machine A1 du réseau A veut envoyer un paquet IP à la machine D3 du réseau D.

Le chemin visualisé est : A1 - A - G - H - D - D3

Transport de paquets IP

✎ 04° Proposer un autre chemin qu'on aurait pu faire suivre à ce paquet.

05° Un réseau local est un ensemble d'ordinateurs pouvant communiquer entre eux sans passer par un réseau extérieur, comme Internet. Combien de réseaux locaux trouve-t-on sur le schéma ci-dessus ?

...CORRECTION...

Chaque réseau est identifié par une couleur.

On trouve donc les 6 réseaux extérieurs, ceux dont les communications doivent passer par A, B, C, D, E, F.

Mais attention, il faut bien penser à prendre en compte le réseau central également : le réseau jaune.

Il y a donc bien 7 réseaux interconnectés sur le schéma.

06° Quelle est la particularité des appareils A, B, C, D, E et F en terme d'appartenance aux réseaux ?

...CORRECTION...

Ces appareils appartiennent à deux réseaux à la fois !

Par exemple, A appartient à la fois au réseau A (en vert) et au réseau central (en jaune).

Routeur

Un routeur est un ordinateur qui possède plusieurs particularités.

Sa première particularité est de possèder plusieurs cartes réseaux lui permettant d'être relié à plusieurs autres appareils et donc d'appertenir à plusieurs réseaux.

Sa deuxième particularité est d'accepter de traiter les paquets IP même si l'adresse de destination n'est pas la sienne : un ordinateur normal met simplement un tel paquet IP à la poubelle.

Sa troisième particularité est d'avoir un table dite table de routage : il s'agit d'une table lui indiquant où envoyer un paquet IP en fonction du réseau de destination.

Exemple de table de routage du routeur nommmé G :

Réseau de destination Envoyer le paquet vers
Pour A vers A
Pour B vers B
Pour C vers C
Pour F, K ou J vers K
Pour I vers I
Pour H ou D vers H
Transport de paquets IP

Les tables de routage des routeurs extrêmes sont simples. Exemple avec le A :

Réseau de destination Envoyer le paquet vers
Pour A vers le réseau interne A
Pour les autres vers G

Comme un routeur ne peut pas connaître tous les routeurs du monde, il existe toujours ce qu'on nomme une route par défaut. Cette table est donc une sorte de suite de if, elif qui finit par un else, donnant le chemin à suivre sinon.

Un point important : la plupart du temps, les tables de routage sont dynamiques. Les routeurs discutent entre eux de façon à informer les autres des destinations qu'ils parviennent à joindre. Les tables de routage ne sont donc pas nécessairement statiques et immuables.

✎ 07° Compléter au mieux la table de routage du routeur K sans possibilité de rajouter de lignes.

Réseau de destination Envoyer le paquet vers
Pour F vers F
Pour I,J,E vers ?
Route par défaut sinon vers ?

Comme vous l'avez vu sur l'animation, le paquet IP est inchangé lorsqu'il passe d'une machine à une autre.

C'est en partie faux, nous allons voir qu'une petite indication change à chaque fois que le paquet change de routeur.

Paquet IP et en-tête IP

L'en-tête IP est un ensemble d'information qu'on va placer devant le segment TCP.

Comme l'en-tête TCP, il s'agit d'informations encodées sur un nombre spécifique d'octets et décodables facilement.

Le contenu exact de l'en-tête va dépendre du système d'adressage utilisé : IPv4 ou IPv6 par exemple. Nous n'allons pas regarder l'un ou l'autre dans le détail mais allons aller à l'essentiel.

Initialement, un paquet IP n'est qu'un en-tête IP qu'on rajoute un segment TCP par exemple.

Que rajoute-on dans cet en-tête ? (vous pouvez cliquer sur l'en-tête pour obtenir un zoom si nécessaire)

  • L'adresse IP destination (4 octets en IPv4, 16 octets en IPV6). On la place en premier car c'est la première chose qu'un routeur doit lire.
  • L'adresse IP source (4 octets en IPv4, 16 octets en IPV6). Sans cela, on ne pourrait pas répondre au message.
  • Un compteur nommé TTL (Time to Live) en IPv4 ou Hop Limit en IPv6 (1 octet dans les deux cas) : c'est un compteur qui décroit de 1 à chaque fois que le paquet est transféré par un routeur. Arrivé à 1, le paquet n'est plus déplacé et part juste à la poubelle.

Il existe bien entendu encore d'autres données dans cet en-tête mais nous allons nous limiter à ceux-ci.

Ils permettent de comprendre l'essentiel du protocole.

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08° Ouvrir un terminal :
LINUX : menu application ou  CTRL+ALT+T 
WINDOWS : menu puis applications puis invite de commande.
Taper la commande suivante (qui risque de ne pas fonctionner depuis un PC d'un lycée).

ping www.infoforall.fr

Elle permet de voir qu'une communication peut s'établir (ou non) entre deux ordinateurs. La commande va vous donner le temps moyen de retour du ping : le signal part de la machine A (la votre), arrive à la machine B (celle faisant tourner le serveur du site) et revient à la machine A. Trouver le temps minimum que met le signal pour faire l'aller-retour.

Sur Linux : il faut faire cesser les pings à l'aide de  CTRL+C .

...CORRECTION...

PING www.infoforall.fr(http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1)) 56 data bytes 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=1 ttl=54 time=21.6 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=2 ttl=54 time=21.1 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=3 ttl=54 time=22.0 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=4 ttl=54 time=67.9 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=5 ttl=54 time=295 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=6 ttl=54 time=215 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=7 ttl=54 time=21.1 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=8 ttl=54 time=21.9 ms 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=9 ttl=54 time=22.7 ms ^C --- www.infoforall.fr ping statistics --- 9 packets transmitted, 9 received, 0% packet loss, time 8009ms rtt min/avg/max/mdev = 21.140/78.773/295.278/97.216 ms

On voit donc que le signal met au minimum 21 ms (milliseconde).

09° Dans quelle ville semble se situer le dernier routeur qui est parvenu à joindre le serveur du site ? Quel semble être le nom de l'hébergeur de ce site ?

PING www.infoforall.fr(http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1)) 56 data bytes 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=1 ttl=54 time=306 ms

...CORRECTION...

PING www.infoforall.fr(http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1)) 56 data bytes 64 bytes from http1.paris1.alwaysdata.com (2a00:b6e0:1:20:2::1): icmp_seq=1 ttl=54 time=306 ms

On voit donc que le serveur est à Paris et qu'il est reliée à une société nommée alwaysdata.

✎ 10° Pour observer le chemin réalisé par le paquet IP, on peut utiliser une commande permettant de voir les différents routeurs traversés.
LINUX : taper ceci dans un terminal

traceroute www.infoforall.fr

WINDOWS : taper ceci dans une console

tracert www.infoforall.fr

Fournir le résultat de votre commande. Combien de sauts avez-vous fait pour atteindre le bon réseau ?

Voici un résultat possible :

$ traceroute www.infoforall.fr traceroute to www.infoforall.fr (185.31.40.11), 30 hops max, 60 byte packets 1 livebox.home (192.168.1.1) 1.552 ms 1.487 ms 1.626 ms 2 80.10.249.149 (80.10.249.149) 14.597 ms 15.406 ms 15.876 ms 3 lag-123.nclil201.Villeneuve-dascq.francetelecom.net (193.253.89.170) 18.280 ms 18.654 ms 19.564 ms 4 193.252.100.113 (193.252.100.113) 20.365 ms 21.310 ms 21.573 ms 5 ae42-0.nrlil101.Villeneuve-dascq.francetelecom.net (193.252.160.197) 22.246 ms 22.654 ms 23.566 ms 6 ae45-0.nridf201.Aubervilliers.francetelecom.net (193.252.160.218) 28.700 ms 26.297 ms 26.668 ms 7 ae43-0.noidf001.Paris3eArrondissement.francetelecom.net (193.252.98.234) 27.067 ms 19.161 ms 18.475 ms 8 193.253.13.206 (193.253.13.206) 19.813 ms 20.195 ms 23.194 ms 9 alwaysdata.th2.hopus.net (37.77.34.59) 23.503 ms 23.774 ms 23.741 ms 10 http1.paris1.alwaysdata.com (185.31.40.11) 24.183 ms 24.616 ms 25.558 ms

Comme vous le voyez, les routeurs vont donc faire transiter les paquets IP à l'aide des tables de routage. Mais ils vont un peu plus : ils décrémentent la valeur du compteur de 1 à chaque transfert. Ils agissent donc de façon très limitée sur le paquet IP. C'est pour cela qu'on considère que le paquet IP est inchangé lors du transfert.

✎ 11° A votre avis, pourquoi est-il utile de fournir un TTL ou un Hop Limit dans ces protocoles IP ?

3 - Historique

Ce n'est pas au programme de NSI, mais vous l'avez surement vu en SNT.

Réalisez cett question uniquement si vous voulez une piqure de rappel sur l'historique d'Internet.

12° Suivre le lien suivant et lire uniquement la partie 2 de l'activité SNT proposée de façon à répondre aux questions suivantes :

  • 12A : Comment se nomme le protocole qui se charge de diriger les messages de routeurs en routeurs sur Internet ?
  • 12B : Comment se nomme le message qui transite sur Internet sans être modifié (ou presque) en passant d'un routeur à l'autre ?
  • 12C : Comment se nomme le protocole qui se charge d'assurer la fiabilité des communications ?
  • 12D : Comment se nomme l'ancêtre le plus célèbre d'Internet ?
  • 12E : Combien ARPANET possède-t-il de noeuds/routeurs en 1969 ?

Vers la partie 2 de l'activité Internet de SNT.

4 - Adresses IP

Nous allons regarder rapidement comment sont structurées les adresses IP, que ce soient en version 4 ou en version 6.

Commençons par la plus ancienne.

Attribution des adresses IP

A l'origine, une seule personne était chargée de cette répartition sur le réseau ARPANET : John Postel.Nous sommes alors dans les années 1970 et ARPANET est encore limité.

Sa tâche consistait à attribuer des numéros IP et PORTS de façon à ce qu'aucune association (IP, PORT) ne soit attribuer à deux choses différentes. Ce couple (IP, PORT) se nomme un socket. C'est le tuple que vous aviez fourni à votre serveur Python.

C'est vers la fin des années 1980 que le terme IANA apparait pour la première fois (Internet Assigned Numbers Authority).

Logo IANA
Logo IANA (Fair Use)

Cette autorité était financée à la fois par la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et par l'ISI (Information Sciences Institute, université de Californie).

Depuis 1998, elle est une composante de l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), l'autorité suprême de régulation de l'Internet.

Logo ICANN
Logo ICANN (Image sans copyright)

L'ICANN est une société de droit californien à but non lucratif ayant pour principales missions d'administrer les ressources numériques d'Internet, telles que l'adressage IP et les noms de domaines de premier niveau (TLD) (Citation Wikipedia).

Et que fait l'IANA ? Elle attribue des blocs d'adresses IP à d'autres structures plus régionales, les RIR, Registre Internet régional. Ceux-ci vont, à leur tour, distribuer des blocs d'IP aux différents acteurs d'Internet, notamment les fournisseurs d'accès à Internet.

RIRs dans le monde
RIRs dans le monde (Rir.gif: DorkBlankMap-World6,_compact.svg: Canuckguy et al.derivative work: Sémhur / CC BY-SA)

✎ 13° Comment se nomme le RIR qui gère l'Europe ?

Pourquoi passer de l'IP v4 à l'IP v6 ? Nous allons voir que c'est une question de nombre d'adresses disponibles. Mais pourquoi l'Asie est-elle passée rapidement à l'IP v6 ? C'est une question historique : la répartition initiale des blocs IP n'a pas été réalisée de façon équitable en fonction des continents. La représentation des répartitions des adresses IPv4 en proportion vous ai présenté sur l'image suivante.

Répartition des adresses
RIRs dans le monde (Rir.gif: DorkBlankMap-World6,_compact.svg: Canuckguy et al.derivative work: Sémhur / CC BY-SA)

On voit que l'Afrique et l'Amérique du Sud ont eu très peu d'adresses IP4 attribuées. En violet, on trouve les adresses historiquement déjà distribuées. Vous vous doutez bien que la plupart sont américaines.

Voyons pourquoi on a fini par épuiser le nombre d'adresses IPv4 disponibles.

Adresse IP4

Ces adresses comportent 32 bits repartis sous forme de 4 octets.

On la représente en décimal en séparant chaque octet par un point.

Exemples :

  • Adresse au hasard :  82.25.12.15 
  • Local host :  127.0.0.1 

Toutes les machines joinables sur Internet possède une adresse IP propre.

14° Sachant qu'une adresse IPv4 comporte 32 bits, combien peut-on avoir d'adresses différentes ?

...CORRECTION...

On calcule 232, soit 4294967296 numéros différents.

Cela donne en gros plus 4 milliards de numéros.

Pour pallier au manque d'adresses, un système de réseaux privés a été élaboré. Les machines de ces réseaux ne possèdent pas d'adresse IP propre sur Internet : elles utilisent l'adresse IP de leur routeur-passerelle : votre Box par exemple.

Adresse IP4 privées

Les adresses privées sont les suivantes :

  • Si vous voulez créer un petit réseau privé de moins de 255 machines :
    • Il faut choisir un numéro de réseau compris entre 0 et 255.
    • Vous pouvez alors attribuer un numéro X à chaque machine de 0 à 254.
    • Exemple avec un réseau 1 :  192.168.1.X  donc  192.168.1.1  à  192.168.1.254 .
    • Exemple avec un réseau 18 :  192.168.18.X  donc  192.168.18.1  à  192.168.18.254 .
  • Si vous voulez créer un réseau privé moyen avec les 2 derniers octets pour identifier une machine :
    • De  172.16.1.0 
    • à  172.31.255.255 
  • Si vous voulez créer un gros réseau privé avec les 3 derniers octets pour identifier une machine :
    • De  10.0.0.0 
    • à  10.255.255.255 

    Quel est l'intérêt ?

    Votre provider vous a attribué UNE adresse IPv4 : celle de votre Box. C'est avec cette "vraie" adresse que votre Box est reliée à Internet. A l'interne, votre Box a une adresse locale privé. On peut ainsi connecté plusieurs machines à Internet à l'aide d'une seule machine passerelle.

    Un réseau privé
    Un réseau privé

    Quand la machine  192.168.0.10  se connecte à un site, elle passe par la passerelle (sa Box) qui, elle, possède une adresse externe. C'est la Box qui va lancer la requête en plaçant sa propre adresse  80.80.80.20  dans le paquet IP.

    La Box garde en mémoire dans un tableau la demande (IPs, PORTs). Au retour de la réponse, elle regarde le tableau, retransforme le paquet IP en plaçant la bonne adresse privée locale et transmet au bon PC !

    Si vous voulez un peu plus de détails avec une connexion vers un serveur d'adresse 200.200.10.80 :

    Le paquet part de l'ordinateur du haut vers la Box. L'en-tête IP contient donc

    • DST  200.200.10.80 
    • SRC  192.168.0.10 
    • TTL  64 

    La Box est un routeur : elle détecte que l'adresse DST n'est pas pour elle mais elle accepte de gérer. Néanmoins comme l'adresse SRC est une adresse privée de son réseau privée, elle fait plus que juste router : elle change le paquet IP en 

    • DST  200.200.10.80 
    • SRC  80.80.80.20 , sa propre adresse publique
    • TTL  63 
    Un réseau privé
    Un réseau privé

    Ensuite, le paquet IP va transiter de routeur en routeur sans jamais que les adresses SRC et DST ne soient modifiées. Seul le TTL va décroitre de 1 à chaque transfert. En espérant qu'il atteingne la destination avant le TTL final de 1 !

    Au retour de la réponse vers  80.80.80.20 , la Box fera le transfert d'adresses dans l'autre sens.

    Ce processus de traduction se nomme le NAT (Network Adress Translation).

    On ne regardera pas le mécanisme en détails. Ca fonctionne mais IPv4 est destiné à disparaitre. Et c'est un peu lourd à gérer. Ca n'existe plus de cette façon avec IPv6.

✎ 15° Ouvrir une invite de commande sur votre ordinateur.

Trouver votre adresse IP locale en allant la lire dans les indications de votre carte réseau.

Question : votre adresse locale sur votre réseau est-elle une adresse IPv4 ou IPv6. Justifiez. Si c'est une adresse IPv4, justifiez qu'il s'agit d'une adresse privée. Attention, il est possible que vous ayez les deux.

Taper ceci :

Windows : vous devriez obtenir une réponse de ce type :

h:\>ipconfig/all
Configuration IP de Windows Nom de l'hôte : e301-poste12 Carte Ethernet Connexion au réseau local : Suffixe DNS propre à la connexion : lycee.home Description : Broadcom NetXtreme Gigabit Ethernet Adresse physique : 25-CE-55-XX-XX-XX DHCP activé : Oui Configuration automatique activée : Oui Adresse IPv6 de liaison locale : ad41::fe80:b1b1:fe80:fe80%13(préféré) Adresse IPv4 : 192.168.2.78(préféré) Masque de sous-réseau : 255.255.0.0 Bail obtenu : jeudi 4 mai 2017 10:58:30 Bail expirant : vendredi 5 mai 2017 10:58:29 Passerelle par défaut : 192.168.0.250 Serveur DHCP : 192.168.0.250 IAID DHCPv6 : 270843397 DUID de client DHCPv6 : 00-01-00-01-17-BD-7B-ED-24-BE-05-10-C2-C2 Serveurs DNS : 192.168.0.253 Serveur WINS principal : 192.168.0.253 NetBIOS sur Tcpip : Activé

Linux ou MAC (systèmes Unix) : vous devriez obtenir une réponse de ce type :

rv@rv-HP2:~$ ifconfig enp2s0: flags=4099<UP,BROADCAST,MULTICAST> mtu 1500 ether 30:e1:71:XXX:XX:XX txqueuelen 1000 (Ethernet) RX packets 0 bytes 0 (0.0 B) RX errors 0 dropped 0 overruns 0 frame 0 TX packets 0 bytes 0 (0.0 B) TX errors 0 dropped 0 overruns 0 carrier 0 collisions 0 lo: flags=73<UP,LOOPBACK,RUNNING> mtu 65536 inet 127.0.0.1 netmask 255.0.0.0 inet6 ::1 prefixlen 128 scopeid 0x10<host> loop txqueuelen 1000 (Boucle locale) RX packets 11492 bytes 4538277 (4.5 MB) RX errors 0 dropped 0 overruns 0 frame 0 TX packets 11492 bytes 4538277 (4.5 MB) TX errors 0 dropped 0 overruns 0 carrier 0 collisions 0 wlo1: flags=4163<UP,BROADCAST,RUNNING,MULTICAST> mtu 1500 inet 192.168.1.11 netmask 255.255.255.0 broadcast 192.168.1.255 inet6 fe80::bed3:c7ad:XXXX:XXXX prefixlen 64 scopeid 0x20<link> inet6 2a01:cb0c:96c:d400:f995:XXXX:XXXX:XXXX prefixlen 64 scopeid 0x0<global> inet6 2a01:cb0c:96c:d400:a38b:XXXX:XXXX:XXXX prefixlen 64 scopeid 0x0<global> ether 3c:a0:67:XX:XX:XX txqueuelen 1000 (Ethernet) RX packets 219822 bytes 225401269 (225.4 MB) RX errors 0 dropped 0 overruns 0 frame 0 TX packets 160066 bytes 32570855 (32.5 MB) TX errors 0 dropped 0 overruns 0 carrier 0 collisions 0

✎ 16° Ouvrir un onglet vers une page permettant de faire une recherche d'IP. Par exemple http://www.mon-ip.com/. Comparer votre IP4 locale à votre IP externe. Conclusion.

Comme les adresses IPv4 ne sont plus assez nombreuses, une nouvelle version du protocole a vu le jour et co-existe pour l'instant avec la version 4.

Adresse IP6

Ces adresses comportent 128 bits (plutôt que 32 en v4) repartis sous forme de 8 couples de deux octets.

On la représente en hexadécimal en séparant chaque octet par un double point.

Exemples :

  • Adresse au hasard :  2a01:cb0c:96c:d400:63ba:f65c:3616:15d4 
  • Local host :  0:0:0:0:0:0:0:1  ou en plus concis  ::1/128 

Toutes les machines joinables sur Internet possède une adresse IP propre.

On identifie les sous-réseaux de façon plus simple qu'en IPv4 : cette fois, le réseau est identifié par les 64 premiers bits et les 64 suivants sont les adresses possibles des sous-réseaux.

Les adresses sont créées de différentes manières. L'une d'entre elles consiste à prendre les 64 bits de l'adresse MAC de la carte réseau pour les derniers 64 bits de l'adresse IPv6. Mais l'adresse MAC est alors disponible pour tous. Pas très sécurisé. D'autres méthodes existent bien entendu.

En général, on peut décomposer l'adresse IP v6 en trois parties :

  • Les trois premiers couples d'octets définissent la topologie publique donnée par les RIR aux providers. Un gros provideur peut se voir attribuer plusieurs adresses de ce type.
  • Le couple d'octets suivant définit le sous-réseau. En régle générale, c'est donc votre provideur qui vous fournit un sous-réseau dans son propre réseau.
  • Les quatre derniers octets permettent de séparer les différentes machines du sous-réseau.

17° Sachant qu'une adresse IPv6 comporte 128 bits, combien peut-on avoir d'adresses différentes ?

...CORRECTION...

On calcule 2128, soit 340282366920938463463374607431768211456 numéros différents.

Ca devrait aller pour un moment...

Comme vous pouvez le voir, IP6 va permettre à tous d'avoir une adresse sans passer par des dispositifs comme le Network Adresse Translation. Il existe néanmoins des dispositifs permettant aux ordinateurs cachés derrière une passerelle (une Box par exemple) d'obtenir une adresse IPv6 temporaires pour se promener sur Internet. Sachez que ça existe mais l'étude du processus est bien entendu hors de propos ici.

5 - Bilan

Il vous faut donc retenir que IP ne fait que gérer le routage des paquets à l'aide des tables de routage et qu'il se charge de détruire les paquets qui trainent sur Internet depuis trop longtemps avec le système du TTL ou Hop Limit.

Le paquet IP est crée sur votre machine puis est transféré de routeur en routeur jusqu'à atteindre la destination. Il est alors presque inchangé : seule la partie liée à TTL/Hop Limit a bougé.

Et peut-être l'IP SRC une fois à cause du Network Adress Translation qui remplace votre adresse privée par l'adresse publique de votre Box. Je ne tiens pas compte de cet processus ici.

Routeur 1 Routeur 2

L'appareil caractéristique de cette fameuse couche RESEAU est donc le ROUTEUR. C'est lui qui parvient faire voyager le paquet IP de machine en machine.

Le protocole caractéristique de cette couche RESEAU est le protocole IP : il gère le transport des paquets mais pas qu'ils soient arrivés à destination. Au contraire, il est même prêt à supprimer les paquets qui trainent depuis trop longtemps à travers les routeurs.

Voilà, nous en avons terminé avec Internet et les protocoles TCP/IP.

Sur le même thème, il nous restera à utiliser un logiciel de simulation Réseau et à voir un peu comment communique concrétement les machines à travers les cartes réseau.

Activité publiée le 29 03 2020
Dernière modification : 30 03 2020
Auteur : ows. h.